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Icônes de la galerie Tretiakov

  • Michel Karavokyros
  • 6 juin 2019
  • 3 min de lecture
Lors de nos voyages en Russie nous sommes toujours émus par la beauté des nombreuses icônes dans les églises. Michel nous a donné quelques explications sur l'écriture de l'icône. Il a la gentillesse de nous faire partager un texte clair et concis sur l'icône.

L’icône

L’icône (εικων : image) occupe une place centrale dans la spiritualité des chrétiens orthodoxes. Elle légitime son existence de par le mystère de l'Incarnation (il est écrit dans la Genèse que Dieu créa l'homme à son image ; par ailleurs St Jean affirme que le Verbe s'est fait chair)

Les saintes images représentent le Christ, la Sainte Vierge Mère de Dieu, et plus généralement tous les saints vénérés par les fidèles.

Par contre Dieu le Père ne peut être représenté !

(Il peut arriver parfois que Dieu le Père soit représenté sous la forme d'un vieillard barbu, ou bien sous la forme d'un ange, comme dans l’icône de la trinité d'A.Roubliev, cependant cette représentation est purement symbolique...)

L’icône doit être VENEREE et non pas ADOREE. L’adoration s'adresse seulement à Dieu, que personne n'a vu ; ainsi que l'affirme St Jean.

Dans les églises orthodoxes l’Icône n'a aucune fonction décorative (elle a pu autrefois jouer le rôle de '' livre des illettrés »)

Elle atteste la présence du Divin : c'est pourquoi aucun office, aucune prière, aucune célébration, et aucun sacrement n'est possible sans la présence d'au moins une icône !

La célébration liturgique sollicite chez les fidèles l’intégralité de leurs moyens de perception du monde spirituel : l’ouïe par les chants et les prières, l'olfaction par l'usage abondant de l'encens, et la vision par la présence des icônes et les cierges allumés par les fidèles.

Pendant le déroulement des offices, et à plusieurs reprises, le prêtre encense de la même manière les icônes et les fidèles, ces derniers étant considérés comme étant des ''icônes vivantes'' du fait de leur participation au mystère liturgique !!

Le culte de l’icône est d'une grande exigence pour les fidèles !

La transfiguration du regard et de l’être humain dans son intégralité permet d’appréhender la réalité du monde spirituel qui apparaît par cette fenêtre ouverte sur l’Éternité et l'Au-delà.

Le monde de l’icône n'est pas le monde d'ici-bas. Il préfigure la réalité supranaturelle du monde à venir, du monde futur de la Pentecôte éternelle !

On comprend mieux pourquoi l'art de l’icône n'est pas un art ''illusionniste'' comme le fut l'art de la Renaissance ; mais se doit d’être un art de l’Irréel qui permet une spiritualisation totale de l’être humain (souvenons-nous du vieil adage des pères de l’Église : '' Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu''.)

Le septième concile œcuméniques (843) qui se réunit après un siècle de crise iconoclaste, s'est attaché à bien préciser les modalités de réalisation des icônes, ainsi que la façon de les vénérer : '' la vénération témoignée par les fidèles s'adresse au prototype représenté par l’icône ''.Celle-ci sert d’intermédiaire entre les fidèles et le monde de l'Au-delà .

En général l'artiste iconographe est un moine, il ne signe pas ses œuvres et ne doit absolument pas faire preuve d'originalité.

L’icône peut apparaître ainsi comme un art totalement figé en regard de l'histoire de l'Art ; mais en réalité il s'agit d'un Art d'une beauté et d'une puissance spirituelles inégalées !!

''La beauté sauvera le monde '' nous dit Dostoïevski.

La beauté spirituelle révélée par l’Icône nous paraît répondre pleinement à cette affirmation prophétique.

 
 
 

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