Souvenirs de Badenweiler
- Geneviève ROBIN
- 7 août 2018
- 2 min de lecture
Lors d’un récent séjour en Allemagne, le hasard me conduisit à Badenweiler, petite ville thermale au sud de la Forêt Noire, ville imprégnée de la présence d’A. Tchekhov qui venait soigner la tuberculose dont était atteint, il y est décédé début juillet 1904.
Il résidait alors à l’hôtel Somer, entouré d’un grand parc qu’il décrit dans sa correspondance.
L’hôtel aujourd’hui est une maison de santé, genre sanatorium que l’on ne visite pas. Par contre, dans la maison située en face des thermes Cassiopée, il y a un petit musée littéraire ;
Là, un parcours conduit le visiteur, de l’enfance de Tchekhov dans la boutique familiale à Taganrog à ses études médicales à Moscou puis à sa vie littéraire ;
Son voyage à Sakhaline est évoqué ainsi que les premières présentations de la Mouette au Théâtre de Moscou, cette pièce scella sa collaboration avec Konstantin Stanislavski, acteur et metteur en scène de ce théâtre.

Ce dernier rendit souvent visite à Tchekhov lors de sa cure à Badenweiler. Après la mort de Tchekhov, K. Stanislavski vint séjourner à Badenweiler pour prendre les eaux selon l’expression de l’époque, il y poursuivit également ses recherches sur la nouvelle mise en scène qui devait fonder le théâtre moderne.
Parmi les visiteurs on évoque la présence d’Ivan Bounine, autre habitué des lieux.
Dans ses lettres de juin 1904, A. Tchekhov décrit sa vie à Badenweiler qu’il qualifie de monotone, il exprime cependant un certain espoir, ce qui ne manque pas d’émouvoir quand on connaît la suite, il écrit que les affaires de sa santé sont en bonne voie, que son essoufflement diminue…
Il exprime même le souhait de se rendre au bord du lac de Come avant son retour à Moscou, il n’en fera rien.
Dans la nuit du 3 au 4 juillet, A. Tchekhov demande à sa femme Olga Knipper, d’appeler le médecin, ce qu’il n’a jamais fait auparavant, le docteur Schwoerer arrive, Tchekhov lui dit en allemand « Ich sterbe », je meurs, le docteur appelle la servante de la pension et fait monter une bouteille de champagne, il en verse un verre au malade qui le boit puis se recouche sur le coté.
A. Tchekhov s’endort alors pour l’éternité.
La vie littéraire dans cette petite ville tranquille, bordée de forêts s’est poursuivi jusqu’au milieu du XX siècle, on évoque les séjours d’Ivan Bounine, puis d’Herman Hesse, de Martin Heidegger et bien d’autres.
